Aller au contenu
Avocat

Construction

Fissures sur une maison neuve : les premiers réflexes

Une fissure apparaît sur un mur livré il y a quelques mois. Avant de savoir de quelle garantie elle relève, il y a des gestes simples qui protègent le dossier, et des réflexes qui, eux, l'abîment.

Anne-Laure SitalapresadAvocate au barreau de Saint-Pierre de La RéunionLinkedInProfil avocat.fr
6 min de lecture
Fissure près d’une fenêtre sur la façade claire d’une maison récente
Illustration

Les fissures arrivent en tête de ce qui est signalé au cabinet. Sur une maison neuve comme au sortir d'une rénovation, elles inquiètent d'autant plus qu'elles se lisent à l'œil nu, sans qu'on sache dire si elles sont anodines ou si elles annoncent autre chose. La question qui vient ensuite est presque toujours la même : est-ce que je dois m'en occuper maintenant ?

La réponse tient en une phrase : ce qui se joue dans les premières semaines, ce n'est pas la qualification juridique du désordre, c'est l'état des preuves. Une fissure photographiée, datée et signalée n'est pas le même dossier qu'une fissure décrite de mémoire deux ans plus tard.

Constater avant de qualifier

Le premier réflexe est descriptif, pas juridique. Il s'agit de fixer ce que vous voyez, à la date où vous le voyez, avec les moyens dont vous disposez.

Photographier utile plutôt que photographier beaucoup

  1. Photographier chaque fissure de loin, pour la situer dans la pièce, puis de près, avec un objet de taille connue posé à côté.

  2. Noter la date de la première apparition, même approximative, et celle de chaque évolution constatée.

  3. Repérer si la fissure traverse un angle, un appui de fenêtre, une jonction entre deux matériaux : ces emplacements racontent quelque chose.

  4. Conserver le procès-verbal de réception et la liste des réserves, s'il y en avait.

Le cas des fissures qui bougent

Une fissure qui s'allonge ou s'ouvre de mois en mois ne se documente pas comme une fissure stable. Reprendre la même photographie, au même endroit, tous les mois environ, avec la date visible : c'est le seul moyen de montrer une évolution plutôt que de l'affirmer.

Un professionnel et une propriétaire examinent des traces d’humidité près d’une baie vitrée
Un défaut visible doit être documenté et rapproché des pièces du chantier pour comprendre son origine.

Le climat réunionnais change la lecture

Sur l'île, un désordre ne se lit pas comme en métropole. Les enduits repris tels quels des habitudes hexagonales supportent mal l'humidité des secteurs très pluvieux du type Saint-Joseph : les champignons s'y installent, l'ouvrage se dégrade, et ce qui ressemblait à une microfissure devient un point d'entrée pour l'eau.

Les cycles cycloniques, la houle, les mouvements de terrain sur les pentes : autant de facteurs qui, dans un dossier, seront discutés. Les anticiper ne veut pas dire y répondre soi-même ; cela veut dire savoir que la question viendra, et avoir gardé de quoi y répondre.

« j'ai vu des dossiers solides s'affaiblir uniquement parce que le premier courrier avait été envoyé trop vite, et mal »
Anne-Laure Sitalapresad

Écrire, mais écrire juste

Signalez les fissures à l'entreprise par écrit : décrivez ce que vous constatez et demandez une visite sur place. En revanche, un courrier qui qualifie le désordre, invoque une garantie ou fixe un délai peut engager plus qu'il ne protège.

Une erreur revient régulièrement : croire avoir interrompu la prescription par un simple courrier. C'est l'un des points les plus techniques du droit de la construction, et l'un de ceux où l'on se trompe le plus souvent seul.

Qui est concerné, et à quel titre

Une maison neuve met en présence plusieurs intervenants, dont chacun a son contrat, son assurance et son périmètre. Selon ce qui est en cause, la discussion ne se tient pas avec les mêmes personnes.

  1. L'entreprise ou le constructeur qui a exécuté les travaux, au titre de ce qu'il s'était engagé à livrer.

  2. Le maître d'œuvre ou l'architecte, lorsqu'une mission de conception ou de suivi lui avait été confiée.

  3. Les assureurs, dont la couverture dépend du contrat effectivement souscrit. Sa lecture n'a rien d'évident.

Les pièces qui font avancer un premier rendez-vous

  • Le contrat de construction ou les devis signés, avec leurs annexes.
  • Le procès-verbal de réception et la liste des réserves.
  • Les attestations d'assurance des intervenants, si vous les avez reçues.
  • Les échanges déjà intervenus avec le constructeur, courriers comme messages.
  • Les photographies datées du désordre et de son évolution.

Le cabinet intervient pour les particuliers dont les travaux ont été mal réalisés comme pour les entreprises du bâtiment dont le chantier est contesté, sous réserve de conflit d'intérêts.

Le bon moment pour consulter

1h
Durée de la première consultation
120€ TTC
Coût annoncé à l'avance
Toute l'île
Depuis Saint-Leu, Nord, Sud, Est, Ouest

Le bon moment est le plus tôt possible, dès qu'un malentendu naît entre les parties. Consulter tôt ne signifie pas engager une procédure : dans beaucoup de dossiers, cela sert d'abord à savoir ce que l'on a entre les mains, et à ne pas fermer soi-même des portes qui restaient ouvertes.

En résumé

  • Dans les premières semaines, l'enjeu n'est pas de qualifier le désordre mais de conserver la preuve de ce qui est constaté.
  • Photographier de loin puis de près, dater chaque apparition et chaque évolution, conserver le procès-verbal de réception et les réserves.
  • À La Réunion, l'humidité, les cycles cycloniques et les mouvements de terrain seront discutés dans le dossier : il faut avoir de quoi y répondre.
  • Signaler par écrit en décrivant et en demandant une visite ; un courrier qui qualifie ou invoque une garantie engage plus qu'il ne protège.
  • Constructeur, maître d'œuvre, assureurs : chacun a son contrat et son périmètre, la discussion n'est pas la même selon ce qui est en cause.
  • Consulter tôt, dès le premier malentendu, n'engage pas une procédure : cela évite de fermer soi-même des portes encore ouvertes.

Cet article présente des repères généraux et ne constitue pas une consultation juridique. Chaque situation s'apprécie au vu de ses pièces et de ses circonstances.

Bon à savoir

Questions fréquentes

4 questions pour préciser les points qui reviennent le plus souvent.

Une fissure fine doit-elle inquiéter ?

Sa largeur ne dit pas tout : son emplacement, son évolution dans le temps et l'ouvrage qu'elle traverse comptent autant. C'est la raison pour laquelle il faut la dater et la photographier dès sa première apparition.

Faut-il faire venir un expert avant de consulter ?

Pas nécessairement. Une expertise engagée sans cadre peut être discutée ensuite. Mieux vaut faire le point sur les pièces disponibles avant de choisir la voie la plus adaptée au dossier.

Puis-je encore agir si les travaux sont anciens ?

Cela s'apprécie dossier par dossier. Les délais dépendent de la nature du désordre, de la date de réception et de ce qui a été fait depuis : aucune réponse générale ne vaut pour tous les cas.

Le cabinet intervient-il pour les entreprises du bâtiment ?

Oui. Un artisan ou une société dont les travaux sont contestés défend sa position avec les mêmes outils : les contrats, les pièces du chantier et la réalité de ce qui a été exécuté.

Contact

Votre situation ne ressemble jamais tout à fait à un article

Le formulaire est volontairement très simple : aucune catégorie de droit à choisir, vous décrivez votre situation avec vos mots. La réponse est rapide.

Confidentialité

L'envoi de ce message ne crée pas de relation avocat-client. Son contenu reste confidentiel et n'est utilisé que pour traiter votre demande.